Culture, méthode et philosophie

Difficile d’expliquer la façon dont je travaille, tant celle-ci évolue constament au gré de mes découvertes et réussites (…et fiascos)

Autant que possible, j’essaie de cultiver les légumes à partir de la semence, c’est-à-dire que je n’achète pratiquement pas de plants. La plante semée peut ainsi s’acclimater au climat du lieu, et sera moins stressée que si je la plantais 60 km plus bas que là où elle a germé.

Les semences que j’utilise proviennent principalement de deux semenciers bio, Semailles près de Namur et Bingenheimer en Allemagne (voir « Variétés cultivées »). Elles sont toutes à pollinisation libre, non-hybrides.

Je respecte évidement le cahier des charges bio, bien que je le trouve insuffisant. C’est pourquoi j’évite certains produits pourtant autorisés (notamment le pyrètre et la bouillie bordelaise). Les engrais de synthèse sont avantageusement remplacés par du fumier composté ainsi que des macérations de plante.

Petit à petit, j’expérimente certains principes de biodynamie. Souvent comparée à l’homéopathie pour le sol, insufflé par Rudolf Steiner au début du XXe siècle, ce modèle agricole revêt différentes formes et un biodynamiste n’en est pas un autre. La biodynamie ne se limite pas à des recettes toute faites, mais élargit le champ des possible en prenant en compte le ressenti du jardinier et amenant un regard philosophique sinon spirituel à ce métier « terre à terre ». A l’instar de la Permaculture dont j’applique également certains principes, la biodynamie prône l’observation et le respect des rythmes naturels. Ce qui diffère radicalement des autres méthode, c’est qu’il faut adopter une vision géocentrique de l’univers, qui serait celle du règne végétal s’il était doté d’yeux… Le soleil, la lune ainsi que les autres planètes du système solaire et même les constellations ont une influence sur les plantes (sur nous?), elles impriment leurs cycles.

Le travail du sol proprement dit s’effectue principalement à l’aide d’un motoculteur et à la grelinette, large fourche mise en valeur à juste titre par Jean-Martin Fortier, illustre maraîcher québécois. J’ouvre régulièrement son livre très complet. Mon deuxième livre de chevet est « le traité rustica du potager », et un tas de bouquins de science-fiction mais là, je m’éloigne du sujet…

Le cerfeuil du sillon de la serre
Traçage des sillons pour le semis de cerfeuil d’hiver, avec vue sur grelinette (à gauche dans l’image)

Court-circuit végétal